Lentement, sans bruit mais avec une intensité qui monte comme une vague intérieure, Saturne franchit le seuil du Bélier. Pendant deux ans et demi, il a plongé dans les eaux profondes des Poissons, là où tout se confond, se mêle, se ressent. Dans ce bain cosmique, il nous a demandé de poser des limites dans l’invisible, de mettre de la structure là où règne l’intuition, de rendre le rêve viable sans l’étouffer.
À titre personnel, j’ai compris. Profondément. Cette période m’a appris la sobriété du quotidien, à écouter mon corps, à m’accorder avec mes limites. Saturne en Poissons, ce n’est pas un refus de rêver. C’est un rappel doux-amer que même le plus beau rêve a besoin d’oxygène, de racines, de temps. J’ai appris à rêver plus juste. À voir la réalité non pas comme une ennemie, mais comme une alliée.
Et maintenant, Saturne s’enflamme. Il entre dans le signe du Bélier, là où tout commence. Mais pas dans un éclat de feu incontrôlable : non, Saturne garde sa rigueur. C’est une braise que l’on nourrit. Un feu qui ne brûle pas, mais forge. Il insuffle une volonté durable, une patience active, une forme de courage ancré dans le réel.
Le Bélier, sous l’œil de Saturne, ne part pas dans tous les sens. Il se relève, il recommence, il choisit ses batailles avec lucidité. C’est le moment de donner vie à ce qui nous appelle depuis longtemps, mais que l’on n’osait pas incarner pleinement. Il ne s’agit plus de rêver. Il s’agit de marcher avec le rêve, avec ses contours, ses exigences, sa matière.
Et si on ne gravissait qu’une seule montagne ? Une seule, mais vraiment. Une belle. Une grande, à notre échelle. Une montagne qu’on choisit librement, qu’on grimpe avec courage et détermination. Parce que cette fois, on est prêts. Pas pour tout. Mais pour une chose essentielle.








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